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14/11/2015

Communiqué de Nicolas Quillet, préfet d'Eure et Loir

Nous reproduisons ici l'intégralité du communiqué. 

Attentats de Paris : les services de l'Etat en Eure-et-Loir vigilants et mobilisés

A la suite des terribles attentats qui ont été perpétrés dans les Xè et XIè arrondissements de Paris ainsi qu’au stade de France dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, le Président de la République Française, François Hollande, a décrété sur l’ensemble du territoire national l’état d’urgence.
Un deuil national en hommage aux victimes sera observé pendant trois jours, les 15, 16 et 17 novembre prochains, et les drapeaux seront mis en berne jusqu’au mardi 17 novembre sur les bâtiments et édifices publics.
Au niveau départemental, j’ai réuni ce jour l’Etat Major de Sécurité pour faire un point de la situation et donner des instructions aux forces de l’ordre.
Les dispositions du plan Vigipirate renforcé restent en vigueur. Il est demandé à chacun de les appliquer strictement. A cette fin, les services de la préfecture ont rappelé les consignes de sécurité qui doivent s’appliquer en la matière à leurs différents correspondants.
En ce qui concerne les rassemblements spontanés de solidarité aux victimes, j’en déconseille fortement l’organisation. Ces manifestations nécessitent en effet des mesures de sécurisation, alors que la priorité doit impérativement être portée sur la sécurité générale de nos concitoyens dans le cadre de l’état d’urgence.
En ces circonstances graves, il est nécessaire que chacun d’entre nous conserve tout son calme et fasse preuve de la plus grande vigilance de manière à illustrer les valeurs de notre République.
Si certains sont sans nouvelle d'un proche et souhaitent signaler sa disparition, ils peuvent remplir le formulaire en ligne sur www.securite.interieur.gouv.fr et seront alors recontactés rapidement par un officier de police judiciaire.
Enfin, je rappelle que la préfecture de police de Paris a mis en place un numéro vert d’information au public : 0 800 40 60 05.
Nicolas Quillet, Préfet d’Eure-et-Loir

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16/10/2015

Colloque : « La Laïcité: des combats fondateurs aux enjeux aujourd’hui » Paris 24 et 25 octobre

La Ligue de l'enseignement organise, en partenariat avec Médiapart et France Culture, un grand colloque autour de quatre grandes thématiques. Il se déroulera les 24 et 25 octobre à Paris à l'Espace Reuilly. Voici, l'avant programme de ce colloque.

Entrée libre. Buffet offert. Inscription obligatoire au http://evenement.laligue.org/colloque-laicite/

 

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Samedi 24 octobre 
9h30 Matinée : Ouverture et animation Pierre Tournemire, vice président de la Ligue de l'enseignement, président du Comité National Laïcité 
Interventions officielles
10h L’action laïque de la Ligue de l’enseignement : panorama historique. Jean-Paul Martin, historien de la Ligue de l’enseignement, ancien maître de conférences.
11h15 Débat Edwy plenel, journaliste, président de Médiapart, et Frédérique de la Morena, maître de conférences en droit public à l'université de Toulouse-Capitole.

13h Buffet

Après-midi 
14h-16h Table-ronde : La laïcité face aux défis des religions
Animation Joël Roman, philosophe, essayiste
Historiquement, la laïcité s’est construite en France face au cléricalisme catholique, et a dû batailler dur pour imposer la liberté de conscience individuelle. Aussi a-t-elle souvent pris un tour antireligieux, avant de permettre un cadre commun républicain admis par toutes les religions présentes sur le territoire, qui y trouvent la possibilité de voire reconnue la liberté de culte comme liberté fondamentale. Cette histoire a laissé des traces, comme le montre la résurgence périodique de crispations antireligieuses éradicatrices, qui se focalisent depuis une vingtaine d’années sur l’Islam. Comment rendre la référence laïque à sa vocation première qui est avant tout de permettre l’expression pacifique des convictions dans un cadre commun ?
Martine Cohen, Chargée de Recherche au CNRS, Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL, Paris) 
Ghaleb Bencheikh, écrivain, essayiste, animateur de l'émission "Islam" sur France 2
Philippe Portier Directeur d'études à l'EPHE, Section des sciences religieuses. Directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL)

16h30 18h30 Table-ronde : Education et laïcité
Animation Eric Favey
Dans l’histoire de la République, la laïcité a été un des enjeux majeurs de la construction d’un enseignement public pour tous. Encore aujourd’hui, c’est autour de l’école, et plus largement de la question de l’éducation des enfants que se focalisent la plupart des questions relatives à la pratique concrète de la laïcité. C’est que dans le dom aine de l’éducation interfèrent les responsabilités éducatives des familles et des institutions, en premier lieu de l’institution publique, ainsi que la nécessité d’une nécessaire neutralité des éducateurs sans que celle-ci ne se dissolve dans une abstention frileuse. A l’heure où nous souhaitons tous qu’émerge un espace éducatif concerté, comment redéfinir les contributions des uns et des autres (parents, professeurs, services municipaux, associations) dans cette tâche commune ? 
Françoise Lorcerie, Directrice de recherche émérite CNRS Ethnicité, Intégration/Discrimination, politique d’éducation 
Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l'éducation nationale, administrateur de la Ligue de l'enseignement.
Marc Sawicki, ville de Brest 
Laurence De Cock professeure agrégée d'histoire-geographie, Association Aggiornamento

Dimanche 25 octobre

9h-11h Table ronde : Féminisme, Genre et laïcité
animation Nicolas Sadoul, secrétaire national de la Ligue de l'enseignement 
Longtemps, la question de l’émancipation des femmes est restée l’un des points aveugles du combat laïque, les femmes étant réputées être davantage que les hommes soumises à l’emprise cléricale. Pourtant, de nombreux discours contemporains associent étroitement les deux questions, comme si seules les religions pouvaient véhiculer une représentation inégalitaire du genre et des rôles sociaux de sexe, y compris dans la famille. Au-delà, il conviendra de s’interroger sur la possibilité qu’une identité religieuse revendiquée puisse aussi être un vecteur d’émancipation individuelle pour certaines femmes dans certaines circonstances
Nicole Mosconi professeure  émérite en sciences de l’éducation.
Florence Rochefort Présidente de l'Institut Emilie-du-Châtelet 
Malika Hamidi Docteur en sociologie Directrice générale de EUROPEAN Muslim network

11h-13h Table-ronde : La laïcité et la cause du peuple

animation Nadia Bellaoui, secrétaire générale adjointe de la Ligue de l'enseignement

L’éducation populaire a eu pour ambition de prolonger et d’étendre l’action de l’école en donnant une dimension civique à l’ensemble des activités culturelles et sportives de loisir. Mais cette perspective émancipatrice a pu parfois revêtir une allure passablement paternaliste envers ceux qu’on disait appartenir au « peuple ». Aujourd’hui, alors que des mouvements ouvertement populistes tiennent des discours prétendument  laïques, comment désamorcer l'opposition caricaturale et souvent xénophobe entre le « peuple » des "petits blancs" de la France pavillonnaire et celui, issu de l'immigration, des banlieues ? Comment redonner toute sa portée émancipatrice à la notion d’éducation populaire ? 

Zouina Meddour ex directrice du centre social les Tilleuls Blanc-Mesnil
Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité
Isabelle Saint Martin, directrice de l'Institut Européen en Sciences des Religions IESR
Robin Renucci , acteur et réalisateur, directeur des Tréteaux de France

Clôture : Jean-Michel Ducomte, président de la Ligue de l'enseignement

24/06/2015

Retour sur le débat restauration collective et laïcité

Une Rencontre-Débat a été organisée par le Collectif laïque d'Eure et Loir "Laïcité et restauration des enfants et des jeunes. Un enjeu éducatif et social au-delà de l’enjeu alimentaire" le mercredi 17 juin 2015 au Cercle laïque de Dreux.

 

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A l’initiative du collectif Laïcité d’Eure-et-Loir, une rencontre-débat a réuni une cinquantaine de participants, venus de tout le département, pour discuter de la restauration collective des enfants et des jeunes dans le cadre du service public (de la maternelle au lycée, centres de loisirs). Charles Conte et Michel Le jeune, chargés de mission à la Ligue de l’enseignement, ont introduit les échanges avec la salle par une présentation en deux temps. D’abord des éléments relatifs aux interdits et aux prescriptions alimentaires, à différencier des diététiques particulières permanentes ou temporaires, ont été rapidement présentés, ponctués d’anecdotes et d’observations de terrain. Deux principes de base ont été rappelés : chacun est libre de choisir son type d’alimentation, et chacun a le droit de penser ce qu’il veut de tel ou tel aliment. Cependant, l’alimentation entretient des liens avec les différentes religions mais aussi avec des interdits culturels et philosophiques, la notion d’interdit étant alors liée à l’image qu’on se donne d’un aliment. A été également rappelé qu’il faut bien distinguer les pratiques cultuelles des pratiques culturelles. Chacun est ainsi libre de choisir un niveau d’exigence face à la culture ou à la religion, de respecter de manière plus ou moins forte les prescriptions et autres interdits. Il faut savoir qu’en ce qui concerne les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam), les règles d’interdiction alimentaires passent après le respect de sa propre vie.

Dans un second temps de son exposé, Michel Le Jeune s’est davantage attardé sur le principe de laïcité, présent tant dans la constitution de 1958 que dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En toile de fond, une exigence : la liberté de conscience, qui  est irréductible à la seule liberté religieuse. La laïcité est aussi « un principe de droit politique, c’est un idéal universaliste d’organisation de la cité et un dispositif juridique qui en rend possible la réalisation concrète ». Michel Le Jeune s’est ensuite appuyé sur les textes règlementaires récents : la circulaire du 16 août 2011, la norme AFNOR NF X50-220, l’arrêté du 30 septembre 2011.

Deux éléments principaux sont à retenir de ces textes qui se complètent. D’une part, les collectivités territoriales sont compétentes pour poser les règles en la matière (communes pour le primaire, conseil départemental pour les collèges, régions pour les lycées), qui doivent être claires, bien établies et connues de tous, usagers comme personnels. D’autre part, le service doit prendre en compte les convictions des usagers dans le respect des règles fixées. Pour une mise en œuvre respectueuse du cadre républicain et de la liberté de chacun, trois principes doivent donc coexister : un respect de la règlementation, avec la neutralité de l’Etat, ce qui implique qu’il n’y ait ni halal, ni casher ; un respect de la liberté de conscience ; les usagers du service de restauration doivent pouvoir manger à leur faim et correctement. Les élus sont donc tenus de faire des choix, et ceux qui offrent des menus différenciés, avec ou sans viande, avec ou sans porc, ne dérogent pas au principe de laïcité. En fait, les opérations techniques de restauration découlent des choix opérés par les politiques. Et c’est bien en effet une question politique qui est sous-jacente à ce débat : souhaite-t-on inclure ou non le maximum d’enfants et de jeunes dans les services de restauration collective publique ?

Poser des limites, éviter de céder aux pressions et aux exigences d’une seule religion, informer clairement les familles, recueillir lors des inscriptions les choix faits par les parents parmi les propositions de menus de la collectivité, toutes ces mesures permettant de rétablir de la sérénité exigent un accompagnement des personnels et des formations adaptées.

Plusieurs questions posées au conférencier ont d’ailleurs porté sur ces aspects-là, à partir des observations faites par les personnels d’une ville comme Vernouillet. A été abordée également l’augmentation des coûts en lien avec la variété des menus, mais aussi avec le choix de produits de qualité, bio ou non. Pour répondre à la question des prestataires de service sollicités par les communes, des exemples d’organisation locale sur certains territoires de l’Ouest de la France, avec création d’une unité de production de repas, ont été cités.

Face aux inquiétudes de certains, Charles Conte et Michel Le Jeune ont bien rappelé que la solution proposée est avant tout politique, qu’il ne s’agit pas d’une défaite mais bien d’un compromis qui permet le vivre ensemble, propos étayés par un administrateur de la FOL 28 citant la démarche de la ville de Lyon. Un exemple probant et encourageant pour tous ceux qui affrontent les défis quotidiens.

 

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 Charles Conte, Michel Le Jeune et Martine Trofleau, des DDEN (Délégués départementaux de l'Education nationale) Source: L'Echo républicain

L'Echo républicain a annoncé puis commenté cette initiative dans ses éditions des 17 et 19 juin, sous la plume de Valérie Baudoin

Compte-rendu rédigé par Lydie Heurdier-Deschamps, membre du Collectif laïque au titre de la Fédération des Oeuvres Laïques.