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30/12/2014

Bonne Année laïque !

La longue marche du Jour de l'An, de la fête romaine à la fête sécularisée d'aujourd'hui. Le premier janvier, fêté comme premier jour de la nouvelle année remonte à l'antiquité romaine. Rome a utilisé plusieurs calendriers: celui de son fondateur mythique, Romulus, qui ne comptait que dix mois; celui de Numa Pompilius, son deuxième roi, dans lequel apparaît le mois de Ianarius (Janvier, la lettre J n'apparaîtra qu'au Moyen Age), dédié à Janus, dieu des portes et des commencements; le calendrier de la République romaine, et enfin le calendrier julien, mis au point par l'astronome grec Sosigène sous Jules César. C'est pour l'essentiel, notre calendrier actuel, renommé grégorien après une adaptation faite à l'initiative du pape Grégoire XIII.

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Janus

Mars fut longtemps le premier mois des calendriers romains. Janvier le remplaça en 153 avnt JC. Bien que les calendriers médiévaux reprenent les douze mois du calendrier julien, le début de l'année était parfois fêté à Pâques ou le 25 décembre. A partir du XVI° siècle, les pays européens adoptent tous le premier janvier comme Jour de l'An. En France, c'est le roi Charles IX qui l'établit par son Edit du Roussillon promulgué le 15 août 1564. A Rome, le premier janvier était dédié à la désse Strenia (d'où nos étrennes). L'Eglise catholique lutta longtemps contre les coutumes païennes associées à cette fête (visites, voeux, présents...). Mais elle finit par valider le premier janvier comme jour de l'An en 1622.

Un temps non fêté officiellement sous la Révolution lors de la mise en oeuvre du calendrier républicain, le 1° janvier revient en usage en 1797 et sera légalisé en 1810. Les militants laïques retiendront la symbolique de ce jour. L'éditorialiste de "L'Action", un des journeaux les plus anticléricaux de la Belle époque, se fait poète pour écrire le 1° janvier 1907 "Une année de plus fuit et s'efface dans la nuit du temps. L'éternité retourne son sablier et recommence à égrener, avec une volonté inflexible, ses heures et ses jours". Le premier janvier est un moment de réflexion et une occasion de présenter des voeux à ses proches. 

Sources:

Paul Couderc Le calendrier. Que sais-je ? PUF

Jacqueline Lalouette. Jours de fête. Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine. Editions Tallandier.

 

11:28 Publié dans Positions | Lien permanent | Commentaires (0)

23/12/2014

Joyeux Noël laïque !

Le mot « Noël » vient, on le sait, du latin natalis, naissance, qui a aussi donné « nativité » et le charmant prénom de Nathalie. La fête de Noël est, historiquement parlant, celle du solstice d’hiver, qui marque le point de départ de la « renaissance du soleil », le 21 décembre, jour le plus court de l’année dans l’hémisphère Nord. Mais la célébration festive de Noël ne se limite pas à cette seule journée. Il faut plutôt parler d’un cycle de Noël : la période qui encadre le solstice était fêtée dans toute l’Europe depuis des millénaires. Les militants laïques ont développé toute une réflexion sur la fête de Noël qu'ils entendent célébrer à leur façon, ainsi que le détaille un article publié sur l'édition "Laïcité" de Médiapart

Quant à la date de naissance de Jésus, le Nouveau Testament n’en dit rien. Aucun texte ne la précise, nous dit Jean-Louis Beaucarnot (Ainsi vivaient nos ancêtres, Éd. Robert Laffont): la controverse dura plus d’un siècle : les uns retenant le 18 avril, d’autres le 25 mars, un autre encore le 6 janvier. Ce fut un pape qui, en 354, la fixation d’autorité au 25 décembre, c’est-à-dire le jour, précisément, du solstice d’hiver... La localisation de la naissance du « petit Jésus » le 25 décembre. Et, dès avant le Moyen Âge, les interdits s’abattirent sur les coutumes antiques. En 391, l’empereur chrétien Théodose prohiba l’exercice public des cultes païens dans les villes de Rome et d’Alexandrie. En 392, l’interdiction fut étendue à tout l’Empire et les temples païens furent détruits ou fermés. Le christianisme était devenu religion d’État.

Les associations de libres penseurs, qui furent le fer de lance du mouvement laïque au XIX° siècle et au début du XX°, rassemblaient à cette époque quelque trente mille adhérents, dont d’éminentes personnalités telles que Victor Hugo, Marcellin Berthelot ou Anatole France. Parallèlement à leur combat politique elles eurent une importante activité culturelle. Elles établirent notamment un véritable programme de promotion des « Fêtes civiles », largement inspiré des grandes fêtes de la Révolution et qui avait pour objet de laïciser les fêtes saisonnières autrefois christianisées. Leur effort principal a porté sur Noël. Leur argumentaire était simple, vif et radical : Noël est historiquement une fête païenne, elle a été « volée » par les chrétiens, il faut donc la laïciser ! La Fédération nationale de la Libre Pensée poursuit cette activité culturelle en organisant des événements, en diffusant un texte de Jean Cotereau "Leur Noël et le nôtre" et en diffusant des livres choisis via sa librairie parisienne.

Dans notre département, ce sont les célèbres Flambarts qui illustrent le mieux ces fêtes solsticiales. Héritiers de traditions immémoriales, les Flambarts se déroulent chaque année à Dreux associés à un marché de Noël, un carnaval, un charivari, des illuminations, une régate et à un spectacle pyrotechnique. Ces festivités populaires se sont heureusement renouvelées depuis vingt ans. 

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Les Flambarts.  Source Comité départemental du tourisme en Eure et Loir 

12/12/2014

"La laïcité a-t-elle encore besoin d’être défendue ?" Reportage de France 3 Centre

Le 9 décembre 2014, une équipe de France 3 Centre était à Champhol pour réaliser un reportage sur la plantation de l'Arbre de la Laïcité.  Voici la reproduction de ce reportage mis en ligne sur leur blog


La laïcité a-t-elle encore besoin d’être défendue ?


Un arbre de la laïcité sera planté mardi après-midi à Champhol en Eure-et-Loir. Cent neuf ans après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le principe de laïcité a-t-il encore besoin d’être réaffirmé ? Eléments de réponses avec Charles Conte de la Ligue de l’enseignement

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Le mouvement laïque se mobilise autour du jour anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le 9 décembre. Pour Charles Conte, administrateur à la Ligue de l’Enseignement, »  il s’agit avant tout "d’illustrer ses principes et ses valeurs, et en particulier la liberté de conscience." Car si la laïcité n’est pas menacée en France, il est toujours utile de la défendre. "Il y a bien eu une tentative de révision de la loi quand N.Sarkozy était au pouvoir qui consistait à établir un lien entre l’appartenance politique et la croyance religieuse mais globalement, nous sommes confiants. Quand des demandes de dérogations nous parviennent – concernant la nourriture ou des activités sportives – nous nous engageons dans une concertation avec l’ensemble des acteurs (enseignants, parents d’élèves) pour trouver une solution équilibrée et libérale."

 A Béziers, le maire FN Robert Ménard a installé une crèche dans l’enceinte de l’hôtel de ville. A Nice, le président du conseil général l'UMP Eric Ciotti vient de faire de même. Ces actions portent-t-elles atteintes à la laïcité ? "C’est avant-tout un geste politique. Les crèches ne concernent que les catholiques, en les installant dans un lieu public, ces élus enfreignent la loi de 1905»  commente Charles Conte avant de préciser que certaines traditions locales, comme les crèches provençales par exemple, peuvent être tolérées dans l'espace public.

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 Interview de Martine Trofleau, des Délégués départementaux de l'Education Nationale (DDEN)

Que dit la loi de 1905 ?

Laïcité et neutralité:
 le principe de laïcité impose des obligations au service public, la neutralité à l'égard de toutes les opinions et croyances.

Laïcité et liberté religieuse: la laïcité ne peut ignorer le fait religieux et implique l'égalité entre les cultes. Dans la ligne de sa jurisprudence classique sur les libertés publiques, le juge administratif s'efforce de concilier liberté religieuse et respect de l'ordre public.

Laïcité et pluralisme: si le législateur, en 1905, a fait disparaître la catégorie des cultes reconnus, et si l'Etat ne doit donc désormais "reconnaître" aucune religion, il ne doit en méconnaître aucune. Parmi les acquis de la laïcité, figurent l'affirmation que toutes les religions ont droit à l'expression et, contrepartie de la précédente, celle qu'il ne doit pas y avoir, par une ou plusieurs d'entre elles, accaparement de l'Etat ou négation des principes fondamentaux sur lesquels il repose.»